ECRIVAIN (CANADA)

Blaise Ndala est une voix littéraire qui émerge comme une constellation vive dans le ciel de la francophonie contemporaine, un écrivain dont la plume semble irriguée à la fois par la mémoire profonde des peuples et par une humanité d’une brûlante intensité. Né en République démocratique du Congo en 1972, formé au droit et aux droits humains en Belgique, il arrive à Ottawa en 2007 où il conjugue sa vie de juriste avec une écriture qui n’a jamais cédé à la facilité, toujours tendue vers une vérité plus grande, portée par l’urgence du récit.

Dès son premier roman, J’irai danser sur la tombe de Senghor, il impose une voix singulière, poétique et tenace, qui lui vaut le Prix du livre d’Ottawa et l’attention d’un cinéaste prestigieux désireux d’en porter l’écho à l’écran. Son deuxième livre, Sans capote ni kalachnikov, n’est pas seulement un roman : c’est un éclair dans la nuit du monde, un récit vif et provocateur qui critique la marchandisation de la misère tout en offrant au lecteur une écriture flamboyante, couronnée par le Combat national des livres de Radio-Canada en 2019, le Prix littéraire Émergence et distingué au Prix Ivoire. Puis, avec Dans le ventre du Congo, il sculpte avec finesse une fresque historique et humaine, récompensée par le Prix Ahmadou-Kourouma et le Prix Ivoire, où les lourdes ombres coloniales se mêlent aux voix de ceux qu’on a trop longtemps tais.

En 2025, il signe L’Équation avant la nuit, un roman magistral qui transcende les genres : à la fois thriller historique, enquête politique et méditation profonde sur la mémoire collective. Dans ce livre foisonnant, il ramène à la lumière une page méconnue de la Seconde Guerre mondiale, posant l’uranium congolais au cœur de la course effrénée à l’arme atomique et tissant des destins personnels à travers Washington, Berlin, Montréal et Lubumbashi. Chaque page est une onde de pensée, un appel à comprendre comment les éclats du passé continuent de marquer le présent, et comment les histoires des « peuples des marges » entrent enfin dans la grande Histoire.

Plus qu’un écrivain, Ndala est un arpenteur de mémoire, un poète engagé, un passeur de voix qui donne chair et élan à ce qui fut oublié : sa prose, vibrante et incisive, illumine les zones d’ombre du monde et nous invite à écouter, avec gravité et espérance, le souffle complexe de l’humanité.